Une randonnée de trois jours pour renforcer le lien père-fils
Alors que, pour certains, les liens familiaux sont parfois compliqués à entretenir au fil du temps, un père et son fils ont trouvé la randonnée comme moyen de solidifier leur relation. Écosse, Sibérie, Arizona ou encore l’Arctique : le métier de professeur d’anthropologie a conduit Alex Oehler et sa famille aux quatre coins du monde. Toutefois, lorsqu'ils ont quitté la Colombie-Britannique pour s’installer à Regina pendant la pandémie, leurs habitudes ont changé. Alors que les mesures sanitaires ont contraint l’ensemble de la population à garder ses distances, le professeur d’anthropologie a commencé à marcher seul le long des routes qui entourent la capitale saskatchewanaise. Or, le paysage a rapidement fait chavirer son cœur. Pour leur voyage, père et fils ont tenté de faire en sorte que leurs sacs à dos soient aussi légers que possible. Photo : Alex Oehler Pour ce professeur d’anthropologie, cette solitude est un moyen de se reconnecter à soi-même. Rapidement, ces trajets solitaires ont laissé place à l’idée d’une randonnée partagée pour Alex et son fils aîné, Lars, qui souhaitaient se lancer dans une aventure directement depuis le pas de leur porte. Père et fils se sont alors mis d’accord sur l’objectif à atteindre : marcher jusqu’au parc provincial de Buffalo Pound en suivant autant que possible le sentier transcanadien. Il s'agit d'un trajet de deux heures en voiture mais de trois jours et deux nuits à pied. Pour atteindre leur destination, le père et son fils ont tracé leur itinéraire en fonction des points d’eau le long de la route. Ils ont tenté de faire en sorte que leurs sacs à dos soient aussi légers que possible, emportant des filtres à eau, des aliments secs et d'autres vivres dans des sacs plastiques refermables pour éviter de s’encombrer avec des bols. Tous deux avaient téléchargé leurs balados préférés en avance. Cette expérience aurait pu marquer une nouvelle distanciation, mais elle a surtout renforcé leurs échanges. Alex Oehler explique qu’ils écoutaient parfois le même épisode et discutaient ensuite de ce qu’ils avaient appris. Pour le père de famille, être aux côtés de son fils est plus important que la conversation en soi. Au cours de cette aventure, Alex Oehler a constaté plusieurs comportements qui valent plus que des mots. Pour ce père de famille, cuisiner ou installer un campement était un acte de bienveillance, tout autant que le fait de s’assurer que l’autre se porte bien. Malgré tout, la randonnée ne s’est pas faite sans difficulté. Les deux hommes reconnaissent qu'ils ont eu du mal à trouver des emplacements sûrs pour planter leur tente sur un terrain public. Alex et Lars Oehler ont eu du mal à trouver des emplacements sûrs pour planter leur tente sur un terrain public. Photo : Alex Oehler Alors que la Saskatchewan est principalement un ensemble de terres privées assemblées les unes aux autres, le sentier transcanadien s'arrête parfois à la limite d’une propriété agricole. Alex et Lars Oehler devaient alors contourner des clôtures en fil de fer barbelé pour trouver un endroit où camper. Quelques erreurs de parcours ont aussi servi d’apprentissage, comme cette fois où Lars avait pris la décision d’installer la tente sous un pont près d’un ruisseau. L’adolescent déclare qu'il a vécu la pire expérience de moustiques de sa vie. Un moment touchant les a aussi marqués : c'est lorsqu’un chien de ferme s’est attaché aux deux hommes et les a suivis si longtemps qu’ils ont craint de devoir faire demi-tour pour le raccompagner chez lui. En tant que professeur d’anthropologie, Alex Oehler se dit conscient de la relation unique entre un père et son fils. Il indique que dans les cultures nord-américaines et européennes, les hommes se mesurent généralement à leur force. Au cours de cette aventure, ils ont résolu des problèmes ensemble, testé leur endurance et leur résilience dans des situations difficiles, au point où Alex Oehler s’est vu surpassé par son fils, une expérience qu'il décrit comme étant enrichissante et comme une leçon d’humilité. Au cours de cette aventure, père et fils ont résolu des problèmes ensemble et ont testé leur endurance et leur résilience dans des situations difficiles. Photo : Alex Oehler Alors que Lars Oehler approche de la fin de ses études et que le temps qu'il passe chez ses parents diminue, il a commencé à réfléchir aux voyages qui ont forgé son caractère. Il pense également aux occasions manquées de passer du temps avec son père. Alex Oehler reconnaît qu’il aurait souvent aimé que ses fils l’accompagnent sur un projet comme la construction d’une autocaravane ou la réparation d’un toit. Il indique cependant qu'il ne veut pas les forcer à passer du temps avec lui. Cet été, Alex Oehler a invité ses fils à l'aider à faire des travaux sur le terrain dans une région isolée des Territoires du Nord-Ouest sans wi-fi, où leur endurance sera sans doute mise à l'épreuve. Alors que Lars Oehler partira étudier au Nouveau-Brunswick l'automne prochain, cette randonnée avec son père lui donne la certitude qu'il a les compétences nécessaires pour trouver sa propre voie. Photo : Alex Oehler L'automne prochain, une nouvelle aventure attend Lars Oehler, qui fera ses valises pour le Nouveau-Brunswick, où il étudiera à l’université. À l’approche de son départ, les souvenirs des moustiques se sont estompés pour laisser place à un sentiment de gratitude et à la certitude qu’il a les compétences requises pour trouver sa propre voie. Avec les informations de Nichole HuckOn marche droit devant soi. On a 95 % de ciel et 5 % de terre
, affirme Alex Oehler. On a l’impression de flotter dans un espace incroyable
, poursuit-il.
Lorsqu’on est seul sur un chemin de gravier, il faut se prendre en main. Rien ne vient nous distraire et il faut vraiment se concentrer
, a-t-il déclaré, ajoutant que c’est une chance incroyable de pouvoir admirer le paysage des Prairies
.L’important, c’est le trajet, pas l’arrivée
Vous partagez votre expérience physique avec l’autre, sans avoir à en parler. Vous voyez des choses ensemble, vous échangez des regards et vous faites des choses l’un pour l’autre
, affirme Alex Oehler.
Une leçon de vie
À mesure que vos fils grandissent, ils deviennent plus forts et vous vous demandez quand ils seront plus forts que vous
, explique-t-il avant de poursuivre : Non seulement en force physique mais aussi en endurance, en capacité mentale, etc.

Ce serait totalement contre nature
, assure le père de famille. Je n'apprécierais certainement pas leur compagnie si je savais qu’ils étaient là uniquement parce que je les ai obligés à y être.

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